L’union fait la paire

«  « Il gladiatore », un cocktaill impeccable avant d’affronter, fourchette en main, couteau dans l’autre, un « carpaccio » suivi de « penne alla boscaiola », pour finir en dévorant un « tiramisù ».
Le tout arrosé de « Valpolicella » ou de « Bardolino Chiaretto ». Vous ne comprenez pas?
Pas de panique, Gemino et Aldo, des frères jumeaux nés sous le signe du « Gemini », sont là pour la traduction simultanée.

Et pour les reconnaitre, là encore, no problem ! Aldo, c’est celui qui porte la moustache et les plats Quand à Gemino, vous le trouverez derrière les fourneaux, le tablier autour de la taille.

A l’ italienne

Où il mitonne ses mets alla romana, alla bolognese, alla milanese… bref à l’italienne.Avec le
p’tit truc en plus et la finesse transalpine rapportée du pays. De Campobasso exactement,
dans la région du Molise , sur la côte adriatique, où ils ont tous deux taté aux métier, aux côtés de leurs frères, diplomés d’une école de cuisine. Etudiants en électronique – tous les deux puisqu’on vous dit qu’ils sont inséparables – ils ont commencé à s’interresser à la popote durant les vacances, pour quelques lires en plus. Puis, diplome en poche et libérés des obligations militaires, ils ont préféré, avant d’ataquer la vie active, aller se ballader en touristes à Paris pour quelques jours… Ils ne sont jamais rentrés au pays ! Sauf pour les vacances…

Avec la classe
Ils ont tout d’abord fait leurs preuves dans des restaurants de la capitale – « classes ! » ,précise Aldo – avant de trouver épouses. « Qui ne sont pas jumelles du tout, renchérit Gemino, mais sarthoise pour l’une d’entre elles ». Et les frères De Luca débarquent au Mans pour y ouvrir une première pizzeria, rue Nationale. Les affaires étant au beau fixe – contrairement au temps au temps très, très loin de la chaleur de leur région natale – ils finissent par en ouvrir une seconde, il ya à peine deux mois : « L’Atrium » rue Gambetta . Affublée de surcroit du qualificatif de « Ristorante ». « Au départ, expliquent ils, nous voulions juste faire un restaurant italien. Mais nous devons rtenir compte de la clientèle, habituée aux pizzerias . C’est pourquoi on s’efforce de proposer de plus en plus de plats véritablements typiques. Comme le « salti in bocca alla romana ». « Et puis, même pour une pizza, poursuit Gemino le spécialiste, il ne suffit pas d’avoir les bons ingrédients, il faut aussi avoir le savoir faire et les bonnes gamelles ».
Car, c’est bien connu : c’est dans les bonnes casseroles qu’on fait les bonnes « lasagna pasticciata » ou les succulentes « spiedino di gambieri ».« 

Le Maine Libre – 11 aout 1986